Les élections présidentielles françaises de 2007

 

   La victoire du programme sur la consultation ou le triomphe (temporaire ?) de la démocratie représentative sur la démocratie représentative :

La très forte personnalisation des campagnes de communication politiques pour les Présidentielles de 2007, après avoir l’émergence de Ségolène Royal au sein du Parti socialiste lors des “primaires” ne fut pas au final sans paradoxalement favoriser la campagne de Nicolas Sarkozy : alors que le futur président avait tout misé sur une focalisation sur son programme (la “rupture” en étant la mise en forme symbolique), les campagnes des autres candidats s’échinèrent souvent en des attaques personnelles (sous l’égide du slogan “TSF, tout sauf Sarkozy”…).

 

La vision des spots de la campagne audiovisuelle officielle est à cet égard très significative, comme l’a montré la journaliste-présentatrice française “Audrey Crespo-Mara” (dans un petit article), maints candidats ayant choisi de se focaliser sur des attaques contre la personne de Nicolas Sarkozy plus que sur le fond.

Cette personnalisation ne faisait qu’accentuer la faiblesse programmatique des adversaires de Nicolas Sarkozy, alors que lui ne cessait de réaffirmer son programme, labourant avec une rigueur et une régularité impermutable son “humus idéologique”, selon les termes de Franck Louvrier, y compris lors du débat du 2 mai, dans les moments un peu difficiles où il sut maintenir son discours sur le fond pour l’essentiel.

Le contraire, en somme, de ce qui produisit chez ses rivaux, et notamment du côté de la candidate socialiste, perdue dans l’évocation d’un inventaire à la Prévert de propositions assez hétéroclites issues des consultations des électeurs lors des “débats participatifs”.

Cette force de Nicolas Sarkozy à imposer son programme et ses thèmes à Ségolène Royal est même relatée dans les analyses de la campagne effectuées par les médias québécois.

La candidate, comme d’ailleurs plusieurs des autres compétiteurs du premier tour, ne saura répondre qu’en faisant le choix de faire prédominer la dimension affective sur la dimension programmatique, un choix qui apparaît, jusque dans les spots de la campagne audiovisuelle officielle.

En 2007, les Français ont élu leur Président sur son programme et sa scansion permanente durant la campagne plutôt que sur les promesses de sa rivale de rester à l’écoute des citoyens.

“Cela correspond d’une certaine façon à ce que l’on pourrait considérer comme la victoire de la démocratie représentative sur la démocratie représentative”, Audrey Crespo-Mara.

 

   Les figures de l’identité :

Il faudrait d’emblée faire une première distinction entre une approche “substantialiste” de l’identité (qui donnerait d’emblée des contenus psychologiques ou sociologiques à celle-ci), et d’une approche formelle où l’identité d’un sujet (individuel ou collectif) ne trouve son contenu que dans la différence, dans les relations qu’il entretient avec un autre et qui l’en distinguent.

De même, à l’intérieur de cette approche formelle, il faut aussi introduire une autre distinction entre une identité qui relèverait des relations paradigmatiques, donc du système, et une autre qui dépendrait des relations syntagmatiques, c’est-à-dire, du processus et du niveau narratif.